
Ce que vous devez savoir sur l’abandon de poste
- Le délai de 2 mois relève de la prescription disciplinaire (article L1332-4 du Code du travail), pas du licenciement lui-même
- Depuis la réforme sur la présomption de démission, l’employeur envoie une mise en demeure avec un délai minimum de 15 jours
- Sans réponse du salarié dans ce délai, la démission est présumée et les droits au chômage sont perdus, sauf motif légitime
- Un licenciement pour faute grave classique reste possible, avec entretien préalable et délai de 2 jours ouvrables avant notification
- La rupture conventionnelle demeure l’alternative la plus sûre pour toucher le chômage sans risquer une procédure disciplinaire
Ça fait deux mois pile que votre salarié a disparu de l’entreprise sans donner signe de vie, et vous ne savez toujours pas comment réagir. C’est une situation plus fréquente qu’on ne le croit, et elle génère son lot d’angoisses des deux côtés de la table. Le délai de 2 mois n’a aucune valeur légale figée : c’est un repère pratique, pas un couperet du Code du travail. Alors qu’est-ce qui se passe vraiment quand ce cap est dépassé ? On démêle tout ça.
Pour bien comprendre l’abandon de poste delai de 2 mois depassé, il faut d’abord se rappeler d’où vient ce repère de deux mois. Il ne concerne pas le licenciement lui-même, mais la procédure disciplinaire : selon l’article L1332-4 du Code du travail, l’employeur ne peut plus sanctionner une faute connue depuis plus de deux mois. Si votre patron traîne des pieds sans vous convoquer ni vous licencier, il perd la possibilité d’invoquer cette faute précise. Concrètement, il devra soit repartir de zéro, soit laisser filer.
Selon l’article L1332-4 du Code du travail, aucun fait fautif ne peut donner lieu à des poursuites disciplinaires au-delà de deux mois à compter du jour où l’employeur en a eu connaissance. 📌
Quel est le délai légal abandon de poste avant réaction de l’employeur ?

Il n’existe pas de delai legal abandon de poste imposé pour agir. L’employeur peut réagir dès le premier jour d’absence injustifiée, ou attendre plusieurs semaines. En pratique, beaucoup laissent passer 48 heures à 15 jours avant d’envoyer une mise en demeure, histoire de laisser une marge pour un cas de force majeure.
Mais rien ne l’oblige à se presser ! Un patron débordé, ou qui espère un retour spontané, peut très bien attendre plusieurs semaines. C’est là que le bât blesse pour le salarié : tant que rien n’est déclenché, aucun revenu ne tombe, ni salaire, ni chômage. On reprend les bases juste après.
Combien de temps avant abandon de poste reconnu comme tel ?
Une absence isolée d’une journée ne suffit pas à caractériser un abandon de poste. Il faut une absence prolongée, injustifiée et non autorisée, sans nouvelles du salarié malgré les relances. Généralement, on considère qu’au bout d’une semaine sans justificatif ni réponse, le doute n’est plus permis.
Abandon poste delai licenciement : quelles sont les étapes réelles ?
Depuis la réforme sur la présomption de démission, la procédure a changé de nature. L’employeur ne licencie plus directement : il met en demeure le salarié de justifier son absence ou de reprendre le poste, dans un délai minimum de 15 jours. Passé ce délai sans réponse, le salarié est présumé démissionnaire. Certains salariés en grande détresse psychologique s’interrogent d’ailleurs sur les risques spécifiques d’un abandon de poste pour dépression, un cas particulier où le motif légitime peut être invoqué.
- Constat de l’absence injustifiée par l’employeur
- Envoi d’une mise en demeure par lettre recommandée
- Délai de 15 jours minimum laissé au salarié pour réagir
- Absence de réponse : présomption de démission actée
- Réponse du salarié : ouverture éventuelle d’une procédure disciplinaire classique
Voilà pourquoi la question du délai licenciement abandon de poste n’a plus vraiment de sens dans ce cadre : on ne parle plus de licenciement mais de démission présumée, sauf si le salarié invoque un motif légitime (raison médicale, droit de retrait, exercice du droit de grève).
Abandon de poste combien de temps pour être licencié dans l’ancien schéma ?
Certains employeurs, pour éviter les zones grises de la présomption de démission, préfèrent toujours engager un licenciement pour faute grave. Dans ce cas, la procédure classique s’applique intégralement, avec ses propres délais.
Quel délai entre l’entretien préalable et la lettre de licenciement ?
Une fois l’entretien préalable tenu, l’employeur doit respecter un délai minimum de 2 jours ouvrables avant d’envoyer la lettre de licenciement. En pratique, ce délai s’étale souvent sur une à deux semaines, le temps de finaliser le dossier. Comptez au total, entre la première absence constatée et la notification du licenciement, trois à six semaines dans un dossier mené sans traîner.
D’après les données diffusées par le ministère du Travail, la majorité des procédures d’abandon de poste se soldent aujourd’hui par une présomption de démission plutôt que par un licenciement classique. 📊
Comment prouver l’abandon de poste et éviter les mauvaises surprises ?
C’est ici que beaucoup de dossiers dérapent. L’entreprise doit documenter chaque étape : relevés d’absence, tentatives de contact, accusés de réception des courriers. Sans preuve solide, la procédure peut être contestée devant le Conseil de prud’hommes, et c’est souvent là que ça coince pour les patrons trop pressés.
| Situation du salarié | Conséquence probable |
|---|---|
| Absence sans nouvelles depuis plus de 15 jours après mise en demeure | Présomption de démission actée, aucune indemnité chômage |
| Employeur muet plus de 2 mois après avoir constaté la faute | Sanction disciplinaire prescrite selon l’article L1332-4 |
| Salarié invoquant un motif légitime (arrêt maladie, droit de retrait) | Présomption de démission écartée, retour possible au poste |
| Employeur engageant un licenciement pour faute grave classique | Procédure standard avec entretien préalable et notification |
Puis-je travailler ailleurs pendant un abandon de poste ?

Cette absence de cadre pousse aussi fatalement à la question : puis-je travailler pendant un abandon de poste ? Techniquement oui, rien n’interdit à un salarié absent de son entreprise de retrouver un autre emploi. Mais attention, si le contrat de travail initial n’est pas rompu, cumuler deux emplois peut poser un problème de clause d’exclusivité ou de loyauté envers le premier employeur.
Et sincèrement, cette zone grise m’agace au plus haut point : des salariés restent des semaines sans salaire ni chômage, coincés entre un employeur qui ne bouge pas et une administration qui attend une décision officielle. C’est un vide juridique qui pénalise d’abord les plus fragiles, ceux qui n’ont pas les moyens d’attendre.
Comment se faire virer sans que ce soit pour faute grave ?
Certains salariés cherchent volontairement l’abandon de poste pour déclencher un licenciement plutôt qu’une démission classique, espérant toucher le chômage. Mauvaise nouvelle : avec la présomption de démission, cette stratégie ne fonctionne quasiment plus ! Le salarié qui ne répond pas à la mise en demeure perd ses droits à l’allocation chômage, sauf exception reconnue par France Travail.
Une alternative plus sûre reste la rupture conventionnelle, négociée à l’amiable, qui ouvre droit aux indemnités chômage sans le stress d’une procédure disciplinaire. Franchement, c’est presque toujours la meilleure carte à jouer plutôt que de miser sur un abandon de poste dont l’issue reste incertaine.
Retenez l’essentiel : le fameux délai de 2 mois concerne la prescription disciplinaire, pas le licenciement en lui-même, et la mise en demeure ouvre un délai de 15 jours avant présomption de démission. Documentez tout, agissez vite, et privilégiez la rupture conventionnelle si vous avez le choix plutôt que de jouer avec les incertitudes de l’abandon de poste delai de 2 mois depassé. Ne laissez pas traîner votre dossier !
Quinze ans à suivre l'économie et la vie des entreprises, en conseil puis en rédaction. Je décrypte ici le business, la finance et le droit des affaires en français clair, sans jargon ni posture.