
Ce que vous devez savoir sur la stratégie BlackRock Build
- BlackRock gère plus de 10 000 milliards de dollars d’actifs et construit activement des positions dans les infrastructures, l’IA et la tokenisation d’actifs
- Acquisition de Global Infrastructure Partners pour 12,5 milliards de dollars marque l’entrée de BlackRock dans la gestion d’actifs physiques structurants
- Le fonds BUIDL tokenisé a dépassé 500 millions de dollars de capitalisation, devenant le plus grand fonds tokenisé au monde
- Partenariat Microsoft, BlackRock et MGX pour 100 milliards de dollars destinés à financer des data centers et l’infrastructure IA
- Les ETF iShares offrent un accès direct aux immobilier coté, infrastructure et expositions numériques pour les investisseurs particuliers
BlackRock gère plus de 10 000 milliards de dollars d’actifs, selon ses propres publications financières. Ce chiffre donne le vertige. Mais ce qui change vraiment la donne aujourd’hui, c’est la façon dont le géant américain construit ses positions pour demain. Le terme BlackRock build résume une stratégie d’expansion active : rachats d’infrastructures, tokenisation d’actifs, acquisitions de data centers, intégration de l’IA. Ce n’est plus seulement de la gestion passive. C’est une machine qui se reconstruit en temps réel.
Si tu suis l’actualité des marchés, tu as vu passer les annonces. L’acquisition de Global Infrastructure Partners pour 12,5 milliards de dollars, selon le communiqué officiel de BlackRock. Le rachat de Preqin, spécialiste des données sur les actifs alternatifs. Et maintenant, des mouvements vers la blockchain. Tout ça en l’espace de quelques trimestres.
Qu’est-ce que BlackRock build signifie concrètement ?

BlackRock build, c’est l’idée que le groupe ne se contente plus de gérer des portefeuilles. Il construit des positions structurantes dans les secteurs qui vont définir l’économie réelle des prochaines décennies. Ce n’est pas un produit. C’est une orientation stratégique.
La logique est simple : les actifs financiers traditionnels ne suffisent plus à générer les rendements attendus par les grands fonds institutionnels. BlackRock l’a compris avant la plupart. Et il agit en conséquence.
💡 Selon les données de BlackRock Investment Institute, les investissements en infrastructure représentent désormais une part croissante des allocations recommandées dans les portefeuilles institutionnels, avec une cible de 15 à 20 % pour les fonds les mieux dotés.
Immobilier, infrastructure énergétique : les piliers du portefeuille réel
Les actifs financiers traditionnels mis de côté, l’investissement immobilier reste un socle. BlackRock gère des positions importantes via des structures de type REIT (fonds de placement immobilier), notamment à travers ses fonds iShares, qui offrent une exposition liquide à l’immobilier coté.
Mais la vraie rupture, c’est l’infrastructure énergétique. Avec Global Infrastructure Partners, BlackRock intègre des actifs réels comme des ports, des pipelines et des réseaux électriques. Ce sont des actifs qui génèrent des flux de trésorerie stables. Exactement ce que cherchent les fonds de pension.
Les ETF iShares comme porte d’entrée grand public
Les ETF iShares permettent aux investisseurs particuliers d’accéder à ces expositions. iShares Global REIT ETF ou iShares Global Infrastructure ETF figurent parmi les produits les plus utilisés. Ils donnent accès à des actifs réels sans détention directe.
C’est accessible, certes. Mais ne confonds pas la simplicité de l’enveloppe avec la profondeur des actifs sous-jacents. Ces fonds portent des risques sectoriels réels !
Les actifs réels et commodités comme protection contre l’inflation
L’exposition aux actifs réels et commodités répond à une logique de couverture. Or, matières premières agricoles, énergie : ces classes d’actifs comportent une corrélation historiquement faible avec les obligations. C’est un argument de poids dans un portefeuille diversifié.
📊 D’après une analyse de Morningstar, les fonds exposés aux actifs réels ont surperformé les portefeuilles 100 % obligataires lors des phases de remontée des taux observées ces dernières années.

Data centers et IA : BlackRock build dans le numérique
Au-delà de l’énergie et de l’immobilier, BlackRock cible activement les infrastructures numériques. Les acquisitions de data centers font partie de la stratégie déclarée du groupe pour les prochaines années.
La demande en capacité de calcul explose avec l’infrastructure IA. Les grands modèles de langage, les clouds hyperscale, les systèmes de traitement en temps réel : tout ça consomme des mégawatts. Et quelqu’un doit posséder les bâtiments qui abritent ces serveurs !
Pourquoi BlackRock mise sur l’IA comme actif physique
L’IA n’est pas seulement un logiciel. C’est une infrastructure physique massive : câbles, refroidissement, alimentation électrique. BlackRock l’a compris et structure des fonds dédiés à ce segment via sa division de gestion d’actifs alternatifs.
Le groupe a annoncé un partenariat avec Microsoft et MGX pour lever jusqu’à 100 milliards de dollars destinés à financer des data centers et de l’infrastructure IA, selon les informations publiées par BlackRock. C’est une somme qui dépasse la capitalisation de nombreux pays !
- Financement de data centers en Amérique du Nord et en Europe
- Partenariats avec des opérateurs d’énergie renouvelable pour alimenter ces infrastructures
- Intégration dans des fonds d’infrastructure privés accessibles aux institutionnels

Aladdin, private equity et tokenisation : les outils de la stratégie
L’infrastructure numérique ne se limite pas aux data centers. Elle inclut aussi les outils internes de BlackRock.
Aladdin, la plateforme d’investissement propriétaire de BlackRock, gère plus de 20 000 milliards de dollars d’actifs pour des clients externes, selon les chiffres du groupe. C’est un système de gestion du risque utilisé par des centaines d’institutionnels dans le monde. Aladdin n’est pas un produit financier. C’est un avantage concurrentiel pur.
Les fonds private equity et obligations dans l’équation
La stratégie BlackRock build intègre aussi des positions en fonds private equity. Le rachat de Preqin vise à consolider les données sur les marchés privés, un segment qui pèse plusieurs dizaines de milliers de milliards de dollars selon les estimations de McKinsey & Company. Cette approche d’accumulation de données permet à BlackRock de mieux comprendre et structurer les allocations vers les actifs alternatifs.
Les investissements en obligations restent présents, mais leur rôle évolue. Ils servent davantage de stabilisateur que de moteur de rendement dans les allocations récentes recommandées par BlackRock Investment Institute.
La tokenisation d’actifs réels : le pari blockchain de BlackRock
BlackRock a lancé le fonds BUIDL sur la blockchain Ethereum, via la plateforme Securitize. Ce fonds tokenisé investit dans des bons du Trésor américain. Il permet des règlements quasi-instantanés et une accessibilité 24h/24.
La tokenisation d’actifs réels repose sur la technologie blockchain pour représenter des actifs physiques ou financiers sous forme de jetons numériques. Combiner ça avec des crypto-monnaies et blockchain dans un cadre réglementé, c’est exactement ce que les institutionnels attendaient. BlackRock ne spécule pas sur le Bitcoin. Il construit une infrastructure d’échange d’actifs tokenisés. Ce n’est pas la même chose !
🔗 Selon les données de Securitize, le fonds BUIDL a dépassé 500 millions de dollars de capitalisation en quelques mois après son lancement, devenant le plus grand fonds tokenisé sur actifs réels au monde.
Faut-il suivre la stratégie BlackRock build comme investisseur particulier ?
Soyons directs : tu n’as pas accès aux mêmes tickets d’entrée que les institutionnels. Les fonds de private equity ou d’infrastructure de BlackRock exigent des minimums de souscription en millions. Ce n’est pas pour toi, du moins pas directement.
Mais ignore quand même cette stratégie à tes risques et périls. Ce que BlackRock construit aujourd’hui dessine les secteurs qui vont peser demain.
| Classe d’actif | Accès pour particuliers | Produit BlackRock disponible |
|---|---|---|
| Immobilier coté (REIT) | Oui, via bourse | iShares Global REIT ETF |
| Infrastructure énergétique | Oui, via ETF | iShares Global Infrastructure ETF |
| Private equity / actifs alternatifs | Non (institutionnels) | Fonds BlackRock Alternatives |
| Tokenisation / BUIDL | Accès limité | Fonds BUIDL via Securitize |
| Data centers / IA | Indirect via ETF tech | iShares Digitisation ETF |
Ce que tu peux faire concrètement : regarde les ETF iShares comme un miroir partiel de cette stratégie. Ils ne répliquent pas exactement les positions institutionnelles. Mais ils donnent une exposition cohérente aux mêmes secteurs.
Et surtout, ne reproduis pas bêtement les allocations de BlackRock. Leur horizon, leur tolérance au risque et leurs contraintes réglementaires ne ressemblent pas aux tiennes.
La stratégie BlackRock build repose sur trois piliers que tu peux garder en tête : exposer son portefeuille aux actifs réels (immobilier, énergie, infrastructure), surveiller la tokenisation comme nouveau canal d’accès aux marchés privés, et intégrer l’infrastructure numérique comme classe d’actif à part entière. Les ETF iShares restent le levier le plus direct pour un particulier. Regarde les compositions, compare les expositions, et décide. Le reste, c’est du bruit.
Quinze ans à suivre l'économie et la vie des entreprises, en conseil puis en rédaction. Je décrypte ici le business, la finance et le droit des affaires en français clair, sans jargon ni posture.